DEMANDE

Gerome ETTZEVOGLOV
Auteur - Conférencier - Consultant
EXPERT EN HYPNOSE
17, rue de l'Hôtel des Postes
06000 NICE
Tél : 04.23.13.09.09

L'hypnose ne se substitue à aucun avis ni traitement médical.
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©2017-2019 EUTHYMIX  / MENTIONS LÉGALES

L'HYPNOSE EST-ELLE UNE MÉDECINE ?

26/06/2018

 "À la question : l’hypnose est-elle une médecine conventionnelle? La réponse est incontestablement NON." 

 

Cependant, quelques médecins et soignants "s'appliquent" à le faire croire.
 

La présentation des faits permettra à chacun de se forger sa propre opinion. 

 

« l’hypnose n’est ni reconnue, au plan scientifique, par la médecine conventionnelle, ni enseignée au cours de la formation initiale des professionnels de santé. […]

- La connaissance de cette pratique est encore insuffisante. […]

- L’efficacité sur certains symptômes est insuffisamment ou non démontrée. […]

Lorsque la pratique n’a pas apporté scientifiquement la preuve de son efficacité, le terme de médecine est à proscrire. »(73)  

 

"Pourtant, depuis quelques années déjà, des patients en quête de médecine conventionnelle se voient proposer par des soignants de « l’hypnose médicale ». De nombreux articles ont fleuri sur la toile, la plus grande part présente l’hypnose comme « médicale »."

 

« En résumé, les ThC (74), nées de pratiques non médicales ou d’une médecine éloignée de la nôtre, et pratiquées initialement dans le seul secteur libéral par des médecins ou non médecins sans la caution des instances académiques et/ou professionnelles, se sont progressivement installées dans l’offre de formation des universités et l’offre de soin des hôpitaux, du fait d’initiatives individuelles, sans concertation ni planification, et sous l’effet conjugué de la faveur du public et des réponses insatisfaisantes de la médecine conventionnelle face à nombre de troubles fonctionnels. »(75)

 

« Les DU d’hypnose et d’EMDR ne sont pas reconnus par l’Ordre des médecins. Réglementairement, le médecin n’est donc pas autorisé à mentionner ces pratiques sur sa plaque et/ou ses ordonnances. »(76)

 

"L’hypnose n’est pas une médecine conventionnelle. Et nous l’aurons compris, elle ne peut être réduite à une MAC, puisqu’elle est pratiquée de diverses façons par différents types de praticiens. 

Hormis en anesthésie - hypnosédation(77) - , les applications de l’hypnose dans les champs de la médecine conventionnelle sont assez réduites(78)."

 

« Dans l’ensemble, les indications les plus intéressantes semblent être la douleur liée aux gestes invasifs chez l’enfant et l’adolescent et les effets secondaires des chimiothérapies anticancéreuses, mais il est possible que de nouveaux essais viennent démontrer l’utilité de l’hypnose dans d’autres indications. »(79)

 

Le sujet mérite d’être précisé davantage. 
 

Tout d’abord, il faut savoir que dans la très grande majorité des cas, une personne victime de symptômes - s’ils sont légers - commence par consulter son pharmacien.

Lorsque ces symptômes sont plus importants ou sont persistants, elle consultera son médecin traitant.

 

C’est en dernier lieu et après avoir parcouru tout le circuit médical classique, qu’elle s’orientera éventuellement vers une ou plusieurs approches non-conventionnelles.


Les aidants professionnels, praticiens « non-conventionnels » de l’hypnose, sont souvent consultés en tout dernier lieu, après toute forme de MAC (magnétisme, guérison par la foi, etc.).

Si quelques rares exceptions viennent confirmer cette règle, tout bon praticien de l’hypnose - aidant professionnel ou soignant -oriente la personne vers un médecin. S’il ne le faisait pas, à notre sens, il commettrait une lourde faute.

"L’un des rôles majeurs de tout praticien d’approche non-conventionnelle est aussi de réconcilier la personne qui le consulte avec la médecine conventionnelle."

Inutile de le cacher, et sans tomber dans la caricature, il existe toute une population d’individus qui a vécu des expériences traumatisantes en lien direct avec le corps médical et ses acteurs(80). Ces personnes ont développé des angoisses et des phobies et s’enferment de ce fait, dans des stratégies d’évitement qui les privent des soins conventionnels indispensables. La simple idée de, ne serait-ce qu’un dentiste ou un psychothérapeute (quel que soit son obédience), les tétanise.

"Il est facile de mieux comprendre dans ces cas précis, l’importance considérable de l’existence de « praticiens non-conventionnels » soucieux d’éthique. Ils rétablissent souvent le lien indispensable, entre patient et soignant conventionnel. Voici aussi l’un de leurs rôles sociaux à ne pas oublier."

Ensuite, nous l’avons vu, les approches complémentaires ne sont pas forcément des médecines ou des psychothérapies. Elles sont aussi des approches de bien-être et de développement personnel. Lorsqu’une approche non-conventionnelle ne présente aucun danger mais qu’elle ne répond pas aux critères randomisés des tests cliniques de la médecine conventionnelle (ce qui est précisément le cas de l’hypnose), ne serait-ce pas plus raisonnable de la répertorier officiellement dans les approches de bien-être (en sus de ses applications possibles dans les autres champs) ?

Les kinésithérapeutes ont bien connu cette période, où fleurirent les « massages bien-être ». Ils y virent une concurrence déloyale et voulurent alors faire interdire toute pratique de ce genre. Pour cela leurs arguments étaient qu’eux seuls étaient habilités à prodiguer des massages.

Il y eut quelques procès. La jurisprudence a alors bien fait la distinction entre un soin thérapeutique et un soin bien-être.

Depuis, de nombreux centres de « massages » bien-être ont vu le jour et rencontrent le succès qu’on leur connait. Les kinésithérapeutes en question ont fini par réaliser que leurs craintes initiales étaient infondées.

"Thérapie et bien-être présentent des cadres contextuels et des finalités diamétralement opposés. Ils doivent rester distincts dans l’esprit de tous.
Bien entendu, le bien-être participe de sa santé globale. Cet argument ne suffit pas à en faire une thérapie ou une médecine pour autant."

Qui pourrait aujourd’hui envisager, sans sourire, de faire un soin bien-être chez son médecin ou son psychiatre ?

- « Docteur, aujourd’hui j’ai besoin de quelque chose pour me sentir mieux. »
- « Très bien, nous allons faire une séance de Yoga. »

Cette situation très gênante serait certainement mal vécue par de nombreux patients. Il en irait de même pour la méditation.

"Pour leur cousine, « hypnose », exception est faite si elle s’intègre parfaitement dans un protocole de soin thérapeutique précis, rigoureux et prédéfini. L’hypnosédation en anesthésie illustre parfaitement un cadre précis, rigoureux et prédéfini. L’hypnoanesthésie et l’hypnoanalgésie aussi. Voici les trois principales applications possibles de l’hypnose dans le champ médical conventionnel(81)."

 

L’hypnose conversationnelle est certainement la forme de communication qui serait la plus utile et la mieux indiquée dans toutes les pratiques de soins conventionnels. En effet, la façon de formuler ses paroles et d’en accompagner les gestes médicaux, faciliterait la relation soignant-patient et disposerait ce dernier à mieux guérir.
 

"De plus, cette forme de communication hypnogène mieux adaptée aux différentes contraintes de la médecine conventionnelle,  permettrait d’éviter aux soignants et médecins de déborder sur d’autres champs de compétences que les leurs, et notamment ceux de la psychothérapie." 
 

L’hypnose conversationnelle développée sur des fondements humanistes de bon sens et des modèles rhétoriques simples seraient largement suffisants aux soignants et médecins pour : 
 

« Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours. »(82)

 

Elle serait aussi facile à intégrer dans le cursus universitaire des médecins sans ajouter des sommes de travail considérables ou des budgets voués à des formations supplémentaires. 
 

Cela ne changerait pas radicalement les mauvaises habitudes de quelques anciens, mais cela participerait à coup sûr d’une meilleure atmosphère communicationnelle dans les institutions cliniques et cabinets privés. 

 

"Faut-il en déduire que l’hypnose conversationnelle est thérapeutique ?"
 

Non, ce serait trop simpliste.

Ce qui rend l’hypnose conversationnelle thérapeutique, c’est l’usage qui en est fait.

Si un médecin parle à un patient de sa santé, sa communication est thérapeutique. Si ce médecin parle à son épicier de sa commande, sa communication est commerciale. Il ne suffit pas de maîtriser parfaitement le langage de l’hypnose pour en faire un langage thérapeutique. Il faut le conjuguer à ses compétences thérapeutiques. 

 

Lorsque nous enseignons le « langage hypnogène »(83) à un médecin, nous lui apprenons à « parler l’hypnose », nous ne lui enseignons pas à soigner. De ce fait, c’est le médecin seul qui rend ce langage thérapeutique. 
 

L’hypnose est une forme de communication spécifique que l’on peut utiliser dans toute relation d’aide. Chacun a le droit de communiquer comme il l’entend dans la mesure où cela est éthique et en parfait accord avec le code de déontologie qui régit sa profession. 
 

"Il est bien entendu recommandé de communiquer sur des sujets que l’on maîtrise. Les approximations n’ont pas leur place dans les relations d’aide et encore moins en médecine." 
 

De nombreux soignants et médecins non spécialisés ou non-formés rigoureusement en psychothérapie se retrouvent souvent à faire de la psychothérapie (sous hypnose), ou du développement personnel après quelques heures ou journées de formation en hypnose (DU ou institut privé). 
 

Bien entendu, si le médecin est parfaitement formé à la psychothérapie ou au développement personnel, la question ne se pose pas. Dans le cas contraire (trop courant), est-ce l’endroit de la psychothérapie ou du développement personnel ?  En a-t-il le temps ? Ne serait-ce pas préférable dans l’intérêt du patient de l’orienter chez un praticien spécialisé dans ce domaine ?  Un praticien qui pourra consacrer entre 45 minutes à 1 heure, à une personne qui a besoin d’écoute, d’attention et d’aide réfléchie et construite. 
 

Difficile d’envisager clairement les modalités de mise en place de telles séances.

Personne n’ignore que les médecins, généralistes ou spécialistes, dans le cadre classique de leur consultation, ne peuvent consacrer que quelques minutes à chaque patient. Une enquête récente porte la moyenne du temps alloué à chaque patient à 18 minutes(84).

 

"Les soignants qui débordent leurs champs de compétences ne le font pas de manière intentionnelle. On leur apprend à commettre cette erreur. Oui, nous affirmons que de trop nombreuses formations destinées aux soignants, de par leurs contenus et leur discours, entraînent des praticiens sérieux à s’égarer en terrain miné."

Qui peut aujourd’hui nous affirmer qu’en quelques heures ou quelques jours de formation, on peut « fabriquer » des psychothérapeutes ? 

 

Certains diront :  « Oui mais nous c’est pas pareil, on fait de l’hypnothérapie ».

Bon très bien, même si la réponse à cette tentative d’objection est en grande partie présente dans le chapitre II, nous pouvons encore la compléter. D’après le dernier rapport scientifique d’évaluation de l’efficacité de l’hypnose : 

 

« On peut distinguer l’hypnoanalgésie (hypnose utilisée à visée antalgique) et l’hypnosédation (hypnose utilisée à visée sédative) de l’hypnothérapie (usage psychothérapeutique de l’hypnose). »(85) 

 

Il est difficile de comprendre comment des professions médicales, de formation de base et de culture professionnelle si éloignées de la psychothérapie et de la communication, pourraient devenir compétentes en ces domaines après quelques heures de formation(86) ? 
 

D’autres diront :
 

« Oui mais dans les cas de l’ostéopathie ou de la chiropraxie, les médecins bénéficient d’une formation considérablement raccourcie par rapport aux non-médecins. ».  

 

L’hypnose et la psyché sont dépourvues de corps et de squelette. Les processus engagés dans la psychothérapie ou le développement personnel sont beaucoup trop subtils pour s’y improviser ou penser les maîtriser en empruntant des raccourcis.

L’hypnothérapie est une psychothérapie ou n’en est pas. Si elle en est une, quelques heures ou jours de formation ne peuvent suffire. 

Ce problème n’est pas nouveau. En 2007, un excellent article exprimait parfaitement bien quelques inquiétudes fondées:

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Auteur : Gerome ETTZEVOGLOV
Expert en hypnose appliquée aux relations d'aide
​Président du Syndicat Français des Praticiens en Hypnose Intégrative

 

Extrait du livre : "Les Dessous de l'Hypnose en France, Immersion au Coeur d'un Univers Fascinant", Paris, Éditions EUTHYMIX, 2018." G. ETTZEVOGLOV.​
 

La reproduction partielle de cet article est permise sous la condition d’intégrer de manière visible dans votre article : « Auteur, G. ETTZEVOGLOV : www.ettzevoglov-gerome.com »

 

NOTES DE BAS DE PAGES

73) Sources : Ministère des solidarités et de la santé (mise à jour le 13/06/2017) : http://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/qualite-des-soins-et-pratiques/securite/article/les-pratiques-de-soins-non-conventionnelles

74) Note de l’auteur : ThC est l’abréviation de « Thérapies Complémentaires »

75)  J. Gueguen, C. Bary, C.Hassier, B.Fallissard, Expertise critique : A.Fauconnier, E.Fournier-Charrière, « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose », Paris, INSERM U1178, Juin 2015, p.23.

76)  Ibid. p.13.

77) Cf. Supra p. 67.
78) Cf. Supra, pp. 66-69.

79) Cf. Académie Nationale de Médecine, rapport, D. Bontoux, D. Couturier, C.-J.Menkès, Thérapies complémentaires, acupuncture, hypnose, ostéopathie, tai-chi, leur place parmi les ressources de soins, 2013, p.11.

80) M. Winckler, Les Brutes en Blanc, Paris, Flammarion, Coll. Point, 2016. 
81) Cf. Supra, pp. 66-69.

82) Aléatoirement attribué à Hippocrate (-460-370), Ambroise Paré (1510-1590) ou Louis Pasteur (1822-1895).

83) G. Ettzevoglov, Du langage des sentiments de l’âme, d’autres visages de l’hypnose, Paris, Éditions EUTHYMIX, 2017.

84) Cf. Infra, p. 104.

85) J. Gueguen, C. Bary, C.Hassier, B.Fallissard, Expertise critique : A.Fauconnier, E.Fournier-Charrière, « Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’hypnose », Paris, INSERM U1178, Juin 2015, p.9.
 86) Cf. Infra, p. 124.

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