L'HYPNOSE, PATRIMOINE DE L'HUMANITÉ


Nous n’entrerons pas à nouveau dans le détail de l’histoire de l’hypnose dans les relations d’aide(25). Évoquons quand même brièvement ses formes originelles et son évolution.

Les historiens ont coutume de dater la naissance de l’hypnose dans la seconde partie du XVIIIe siècle avec l’arrivée de Frantz Anton MESMER (1734-1815) à Paris.

"En réalité, l’hypnose, la transe et ses phénomènes sont bien antérieurs." Les travaux des ethnologues font apparaitre l’existence de l’hypnose dans les rituels des « guérisseurs » ou, suivant les continents, des « chamans », dès l’aube de l’humanité. Ces derniers soulagent, soignent et guérissent en convoquant les forces mystiques de la nature. Incantations hypnotiques, spiritualité et plantes psychotropes s’entremêlent alors.

Grand nombre de ces connaissances plusieurs fois millénaires ne nous sont pas parvenues, et pour cause. Transmises en grande partie par l’oralité, elles sont demeurées imprécises, voire absentes des archives et traces du passé. "C’est cruellement dommage, tant elles représentent assurément les pans parmi les plus fascinants de l’histoire des soins naturels « non-conventionnels »."

Au fil des siècles, l’hypnose fut utilisée instinctivement à des fins de guérison, de rites initiatiques ou rituels religieux, puis progressivement de façon exclusivement communicationnelle. On retrouve cette dernière forme d’hypnose en Grèce Antique, dans le discours politique(27), ou pour soulager les consciences, ou soigner les blessures de l’âme.

Aujourd’hui, l’hypnose utilisée par les praticiens les plus compétents est héritière de la branche la plus vertueuse du sophisme(28), et non du spiritualisme(29). Les sérieux praticiens de l’hypnose contemporaine ne convoquent plus les esprits mystiques de la nature ou d’autres entités métaphysiques. Tout au contraire, ce sont les forces de celui qui consulte qui sont mobilisées au service de son mieux-être, de sa convalescence ou de son épanouissement. Ces processus engagés reposent sur des principes communicationnels élaborés et subtils. "Les formules magiques des chamans (ou guérisseurs) sont devenues les inductions et suggestions hypnotiques des praticiens de l’hypnose dans les relations d’aide." Lire la suite

Auteur : Gerome ETTZEVOGLOV Expert en hypnose appliquée aux relations d'aide ​Président du Syndicat Français des Praticiens en Hypnose Intégrative

Extrait du livre : "Les Dessous de l'Hypnose en France, Immersion au Coeur d'un Univers Fascinant", Paris, Éditions EUTHYMIX, 2018." G. ETTZEVOGLOV.​

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NOTES DE BAS DE PAGES 25) Cf. G. ETTZEVOGLOV, Du langage des sentiments de l’âme, d’autres visages de l’hypnose, Paris, Éditions EUTHYMIX, 2017, pp. 183-185.

26) Cf. Infra, p. 113. 27) Pour Henri - Irénée Marrou (1904 - 1977), « les Sophistes s'adressent à quiconque veut acquérir la supériorité requise pour triompher dans l'arène politique. » 28) Antiphon d'Athènes (-480 -411). Antiphon le sophiste et Antiphon le guérisseur étaient un seul et même personnage. Il créa « l’art de l’apaisement » par la rhétorique. Plutarque (-46 -126) écrit, à propos d'Antiphon : « Tout en poursuivant ses activités de poète, il inventa un art de l’apaisement de la douleur, tout comme existent des traitements médicaux pour ceux qui sont malades. On lui donna une maison à Corinthe près de l’agora, qu’il orna d’une enseigne qui annonçait qu’il avait le pouvoir de guérir les malades avec des mots. » Cf. P. Wtzlawick, Le langage du changement, Paris, SEUIL, Coll. Essais, 1980, p. 16.

29) Cf. Infra, p. 116.


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