GRAND CORPS "MÉDICAL" MALADE


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Les politiques de santé publique et l’organisation de la médecine conventionnelle en France, comme les lourdes charges administratives et responsabilités qui pèsent sur ses médecins et l’ensemble du corps médical, participent de quelques désespérances et problèmes "compassionnels".


Parmi les nombreuses répercussions, on peut noter deux effets majeurs.

1er effet : L’impact de la maltraitance


L’équilibre et la santé des soignants est mise en danger. Cette course effrénée au temps et aux moyens impacte considérablement la qualité de la relation soignant-patient dans des temps de consultations et de soins plus chronométrés que jamais. Cet état de fait participe de l’évitement des circuits conventionnels d’un nombre croissant de Français. Ceux-ci vont repousser ou éviter les parcours de santé conventionnels, et par conséquent se réfugier dans des approches alternatives, qui ne devraient être que complémentaires (et non alternatives).

Parce qu’il met la vie des autres usagers de la route en péril, un chauffeur de poids lourds a l’obligation de respecter strictement des phases de repos durant ses journées de travail. Les médecins ont la santé et la vie des patients entre leurs mains. Ne doivent-ils pas aussi se reposer et évoluer dans un univers professionnel mieux adapté ? Comment est-il possible qu’une telle pression soit exercée sur les soignants sans que rien ne soit légalement prévu pour préserver leur santé, et par répercussions directes, mieux soigner leurs patients ? Que dire des internes en hôpitaux qui font des gardes de 36 heures, voire beaucoup plus ?

Ces dernières années, l’actualité montre tragiquement les violents effets d’un système de santé « obsédé » par la rentabilité.


C’est ainsi qu’un article récent (88) titrait :


« Suicides à l’hôpital, mourir pour être entendu »


Son introduction résume parfaitement la suite.

"Depuis la loi de réforme de lʼhôpital votée en 2009, nombre de médecins et infirmiers se sont donnés la mort partout en France, et dans une omerta totale. Cʼest le suicide dʼun éminent professeur en 2015 qui, peu à peu, délie les langues. Face aux restructurations autoritaires et aux guerres de pouvoir, certains osent enfin briser le silence et porter plainte. Des témoignages effrayants pour lʼavenir de lʼhôpital public." (89)


Parmi d’autres témoignages Me Christelle Mazza, Avocate spécialisée dans la souffrance au travail dans la fonction publique, exprime son expérience. Elle affirme "recevoir de plus en plus de praticiens anéantis", et répond au journaliste quand au suicide d’un cardiologue à l’hôpital.


En voici deux extraits :


"Ce brillant cardiologue de 54 ans sʼest donné la mort sur son lieu de travail après avoir longtemps dénoncé des propos et des comportements répétés qui ont détruit sa carrière et sa santé. Après ce choc, une vague de suicides sans précédent a suivi à lʼhôpital. Le passage à lʼacte du Pr Mégnien est en cours dʼinformation judiciaire. Deux juges dʼinstruction ont été désignés au sein du pôle santé. La manifestation de la vérité prend du temps en matière de harcèlement moral car les ressorts sont pervers et donc dissimulés." (90)


"Le système de santé était-il obsolète ?"


"Pas du tout ! On a des centres de recherche et des secteurs dont lʼinnovation est reconnue dans le monde entier. Certes, des services devaient être réformés, en lien avec lʼévolution des besoins, mais le gouvernement a imposé brutalement sa volonté de réforme. En outre, côté médical, on favorise une course à lʼélitisme. La figure charismatique du professeur des universités- praticien hospitalier (PU-PH), au sommet de la hiérarchie, et les usages féodaux dʼun autre temps perdurent. Le PU-PH a le pouvoir dʼécraser celui qui est trop brillant, surtout en fin de carrière, pour rester le référent. Inversement, le vieux chef de service qui aura tout transmis va se faire dégager par son élève. Quant au directeur omnipotent, il peut casser un service pour le donner à son protégé et asseoir ainsi son pouvoir au sein de lʼétablissement. Cette lutte clanique brise la chaîne humaine dʼune équipe médicale. Le harcèlement moral entre médecins est terrible, dû à leur formation, très concurrentielle : dès la première année de médecine, ils doivent se positionner dans des systèmes de parrainage. Ensuite, leurs propos restent dʼune grande cruauté quand ils intègrent lʼhôpital qui devient un bassin de moqueries, dʼhumiliations et dʼisolement, intenables pour qui ne joue pas le jeu." (91)

Une enquête très récente sur la santé des médecins généraliste est également très intéressante :


"L’étude sur l’état de santé des médecins généralistes s’est déroulée du 10 au 23 novembre 2017. Elle a été menée auprès de 1654 professionnels exerçant en libéral et répartis sur toute la France : 46% d’hommes, 54% de femmes ; âge moyen : 50 ans ; 83% vivent en couple, 17% vivent seuls ; 49% exercent en milieu urbain, 35% en semi-rural, 16% en rural ; 81% ont un secrétariat, 19% n’en ont pas ; 62% exercent en cabinet de groupe, 38% sont seuls. En moyenne, une consultation médicale dure 18 minutes, un médecin travaille 46,7h par semaine et fait 26 consultations par jour."

"Le travail empêché, mal fait : travail impossible à faire convenablement en raison de la charge de travail, manque de temps pour l’éducation thérapeutique ou pour le soutien psychologique des patients, impossibilité d’utiliser toutes ses connaissances en raison des exigences, faire des choses contradictoires ou qui devraient être faites autrement, manque de communication avec les différents intervenants (spécialistes, hôpitaux, infirmiers…)…" (92)


Une autre enquête plus large porte cette fois sur l’ensemble des soignants.


Elle fait ressortir un fait incontestable : l’épuisement professionnel touche fortement les professionnels de santé.


"Près de 50% des soignants estiment être ou avoir été en situation de souffrance – burn out, conduites addictives – dans leur carrière. Et plus des trois quarts chercheraient de l’aide s’ils se retrouvaient dans une telle situation. Face à l’urgence, l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) a mis à disposition, depuis le 28 novembre dernier, un numéro vert - 0 805 23 23 36 - gratuit, disponible 24h/24 et 7j/7, pour aider les soignants qui souffrent. Le bilan, après plus d’un mois d’activité de la plateforme d’appel, témoigne du besoin d’écoute et de soutien des professionnels rendus vulnérables." (93)


Extrait du livre : "Les Dessous de l'Hypnose en France, Immersion au Coeur d'un Univers Fascinant", Paris, Éditions EUTHYMIX, 2018." G. ETTZEVOGLOV.​

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